L'esclavage aujourd'hui

L'esclavage aujourd'huiLe 27 avril 1998, la France a fêté le 150ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage.

Mais cela veut-il dire qu'il n'y a plus d'esclavage en France et dans le monde ?

Aujourd'hui, il y a encore des esclaves. Ce sont 250 millions d'enfants qui travaillent dans le monde (par exemple au Pakistan pour fabriquer des baskets). Mais ce sont aussi des jeunes filles Philippines ou Africaines qui viennent en France. Elles travaillent très dur, ne sont presque pas payées, mangent et dorment très peu, sont battues et même, parfois violées.

Comment, de nos jours, des hommes peuvent-ils traiter d'autres hommes de cette façon-là ?

 

 

Charline R. 28 ans, de nationalité malgache, a travaillé pour une influente famille malgache en poste à Paris pendant trois années sans percevoir le moindre salaire. Charline n'avait le droit de sortir du domicile qu'en présence de son employeur. Elle travaillait tous les jours de la semaine de 08h00 du matin à minuit. Dormant à même le sol du salon ou sur le carrelage de la cuisine, rudoyée et maltraitée, non nourrie, Charline n'a jamais été payée.

 

En fuite depuis deux ans et demi, totalement démunie et sans papiers d'identité, Charline a tout d'abord été hébergée par des membres de la communauté malgache. Le CCEM a tenté une médiation pour obtenir réparation. Médiation proposée par un haut fonctionnaire du Quai d'Orsay au nom de " l'intérêt commun à la France et à Madagascar ". Cette médiation a échoué et le CCEM a décidé de porter l'affaire en justice et d'alerter les médias afin de protéger la famille de Charline à Madagascar.

 

Les deux soeurs de Charline ont connu la même situation. Le CCEM a obtenu la régularisation de Charline et de sa soeur Mariette pour qu'elles puissent se défendre à leur procès. Le CCEM a également trouvé un appartement et du travail à Charline lui permettant de vivre dignement jusqu'au verdict du tribunal.

Les employeurs ont été mis en examen pour "Conditions de travail, d'hébergement et de rémunérations contraires à la dignité de la personne - Emploi d'étrangers démunis de titres de travail - Infraction au monopole de l'O.M.I." Après un an et demi d'instruction, le dossier a été renvoyé en audience devant la 31ème chambre du Tribunal de grande instance de Paris. Le procès en correctionnel se déroulera le 23 février 1999 à 13h30.

 

 

Asseguedech N. Cette Ethiopienne, née en 1969, d'une famille de paysans Oromos, a été maintenue en esclavage pendant cinq années en région parisienne par une femme possédant la double nationalité djiboutienne et française, et par son concubin, sous-officier dans l'armée française. Violée par ce dernier, Asseguedech a donné le jour à une petite fille prénommée Marie.

 

 

Leïla est née au Maroc en 1976. Prise en charge par sa tante dès sa naissance, Leïla est par la suite confiée à sa cousine qui l'emmène en France. Pendant plusieurs années, Leïla va vivre un véritable calvaire. Séquestrée, victime de sévices multiples, Leïla n'a jamais été scolarisée et ne sait ni lire ni écrire. Le CCEM a porté ces faits à la connaissance du parquet d'Evry. Une information judiciaire a été ouverte contre sa cousine et son époux qui ont été mis en examen pour "viol avec torture et barbarie, séquestration et violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans". Ils ont été incarcérés pendant plusieurs mois. L'instruction est toujours en cours.

 

 

Domestique Irakienne. Depuis deux mois, les femmes de ménage du quartier la nourrissaient. Ses employeurs, un richissime homme d'affaire du Proche-Orient et son épouse, l'avaient abandonnée à leur domicile parisien avec une somme de 500 FF pour subvenir à ses besoins. Afin de ne pas mettre en danger la famille irakienne de cette jeune femme (l'épouse de l'employeur est la fille d'un haut dignitaire irakien), le CCEM a demandé à l'ambassadeur d'un pays du Proche-Orient d'intervenir afin que les droits fondamentaux de la domestique ne soient plus bafoués.

 

 

Ce couple de Sri Lankais vivait dans une minuscule chambre de bonne juste au-dessus de l'appartement de leur employeur, délégué permanent d'un pays du Proche-Orient auprès de l'Unesco. Travaillant 15 heures par jour, 7 jours sur 7, ils n'avaient jamais été payés. Un accord à l'amiable, négocié par une journaliste du Figaro et le CCEM auprès de l'ambassadeur du pays mis en cause, a permis d'obtenir pour ce couple une compensation financière, et deux billets d'avion pour retourner dans leur pays.

 

 

Pedro et Adelina M. Ce couple philippin était maintenu en esclavage par un riche ressortissant du Golfe persique. Action aux Prud'hommes en cours. Le CCEM, après avoir contacté les victimes, rentrées depuis aux Philippines, a obtenu un large mandat pour les représenter. L'intervention du CCEM a été rendue possible grâce à l'action d'un inspecteur du travail scandalisé par la situation de ce couple, mais sans possibilité d'agir via son administration.

 

 

Une ressortissante chinoise née en 1951 dans la région de Wenzhou a été asservie pendant deux années dans un atelier clandestin de confection. Témoin d'un double meurtre dans la communauté chinoise, elle a accepté de témoigner contre les assassins en échange d'une promesse de régularisation des autorités françaises. Sa collaboration a permis la condamnation des assassins à la réclusion criminelle à perpétuité, mais quelques mois après le procès, une mesure d'expulsion l'a frappée, ainsi que son mari. Ce denier a été expulsé sans avoir eu le temps de présenter un recours devant un tribunal administratif. Entre-temps, leurs deux enfants ont obtenu la nationalité française. Après un entretien avec le ministre de l'Intérieur de l'époque, le CCEM a obtenu en 1996 la régularisation de cette ressortissante chinoise.

 

 

Berthine, une Malgache de 32 ans a été séquestrée durant quatorze années par un couple de Malgaches. L'employeur, retraité, était fonctionnaire international à l'Unesco. Sa femme, secrétaire à l'Ambassade de Madagascar à Paris. La jeune femme était séquestrée, ses papiers avaient été confisqués, elle n'a jamais reçu de salaire. Visiblement sous-alimentée et maltraitée, la jeune femme ne pesait que 32 Kg lors de sa fuite en Octobre 1997. Les services sociaux et le CCEM l'ont prise en charge. Le fils des employeurs a été mis en examen et incarcéré temporairement pour viol. Les parents n'ont pas été inquiétés du fait de leur immunité diplomatique. Le CCEM attend du gouvernement malgache une levée de leur immunité pénale. Berthine a récupéré ses papiers, a trouvé un appartement et un nouveau travail.

 

 

Solange, une Ivoirienne, née en 1979, est arrivée en France à l'âge de 14 ans pour travailler chez des compatriotes. Solange n'a jamais été payée et n'a pas été scolarisée. Le CCEM a informé le parquet de ces faits mais celui-ci n'a pas cru devoir intervenir. Solange s'est finalement enfuie en octobre 1997 et a été prise en charge par le CCEM. A l'heure actuelle, les démarches du CCEM pour obtenir les papiers de Solange auprès de l'Ambassade de Côte-d'Ivoire ont échoué. Les employeurs de Solange ont comparu devant le tribunal correctionnel pour aide au séjour irrégulier et travail clandestin.

 

 

T., une jeune femme éthiopienne, réfugiée politique en Ouganda, a été amenée à Bordeaux par un Français et séquestrée, puis à Ris-Orangis (Essonne) où elle travaillait sans salaire dans une supérette. Début Septembre 97, le CCEM a libéré T. en présence d'une équipe de France 2. Le Français, connu des services de police, est actuellement en fuite.

 

 

Une ressortissante malgache de 44 ans a été exploitée durant trois années au domicile d'un riche homme d'affaires appartenant à la communauté indo-pakistanaise de Madagascar. Le CCEM, assisté d'une équipe de France 2, a préparé la fuite de l'employée malgache et assigné l'employeur indélicat au Conseil de Prud'hommes. Un protocole d'accord a été conclu entre les parties et une réparation financière a été versée à la victime. Cette dernière est retournée dans son pays.

 

 

Safia K. est née en 1976 en Somalie. En 1991, elle suit son employeur djiboutien en France. Elle y est séquestrée, battue, dort par terre sur le carrelage de la cuisine. Elle s'enfuit une première fois suite à des coups et est hospitalisée. Alertée, l'Ambassade de Djibouti la récupère et la reconduit chez sa tortionnaire.

En 1995, elle est retrouvée ensanglantée sur la voie publique. Une enquête préliminaire est ouverte mais le dossier est rapidement classé à cause de l'immunité diplomatique qui protège son employeur, à l'époque employée à l'Ambassade de Djibouti en France. Depuis, l'employeur a immigré au Canada où le CCEM mène actuellement une action auprès des autorités afin que celles-ci expulsent l'esclavagiste djiboutienne.

 

 

Aline est une Ivoirienne de 19 ans. Arrivée en France à l'âge de 11 ans, elle a travaillé durant sept années dans une famille de 9 enfants, sans percevoir le moindre salaire, et a été victime de harcèlement sexuel de la part de son employeur. Une plainte, déposée par le CCEM, a conduit à l'ouverture d'une information judiciaire. L'instruction est toujours en cours.

 

 

Ismah S. est indonésienne. Pendant 15 mois, elle a travaillé au domicile d'un diplomate du Sultanat d'Oman auprès de l'Unesco. Pendant 15 mois, Ismah S. n'a connu que le huis clos de l'appartement cossu du 16ème arrondissement de Paris. Payée 200 dollars par mois, passeport confisqué par son employeur, Ismah devait travailler 15 à 18 heures par jour, 7 jours sur 7, sans aucun congé pendant 15 mois.

Le CCEM a organisé la fuite d'Ismah. Après l'échec d'une tentative de conciliation, l'affaire a été renvoyée devant le bureau de jugement du Conseil des Prud'hommes où Ismah était défendue par un conseiller syndical de la CFDT. Le 1er février 1999 Ismah S. a obtenu gain de cause en gagné en premier instance. Grâce à l'intervention du CCEM, Ismah a retrouvé un emploi chez un diplomate allemand respectant la législation du travail.

 

 

Mehret K. Erythréenne, née en 1971, était séquestrée à Boulogne-Billancourt (92), depuis trois mois, au domicile privé de la première secrétaire d'une ambassade du Proche-Orient. Privée d'identité et de salaire, la jeune esclave " trimait " 18 heures par jour et dormait à même le carrelage de la cuisine. Prévenu par une association de réfugies Erythréens, le CCEM est immédiatement intervenu pour la libérer physiquement. Le CCEM, avec la médiation de l'ambassadeur du pays sus mentionné, a obtenu 30.000FF, pour Mehret K., en réparation des torts causés. Depuis, Mehret a obtenu le statut de réfugiée politique.

 

 

Marie. La médiatisation de l'affaire Mehret K.(voir ci dessus) a permis au CCEM d'être informé d'une affaire similaire, à Marseille, concernant une jeune Philippine en situation d'esclavage chez le consul du même pays du Proche-Orient que celui de l'affaire Mehret. Marie avait été recrutée aux Philippines par l'agence gouvernementale P.F.O.A (Philippines Employées Overseas Association) sans que celle-ci ne prenne aucune garantie quant aux conditions de travail qui attendaient la jeune fille. Grâce à l'intervention personnelle de l'ambassadeur, le CCEM a obtenu une réparation financière pour Marie qui a décidé de regagner son pays et d'abandonner toutes poursuites. A la demande du CCEM, qui a accepté de ne pas rendre publique cette affaire, l'ambassadeur a lancé une campagne d'information auprès de des ressortissants de sa communauté afin qu'ils respectent la législation française.

 

 

Ahmed A. est marocain. Depuis 3 ans, il était exploité, séquestré et battu par un compatriote, boucher à Elboeuf (Seine Maritime). L'employeur esclavagiste a été mis en examen et incarcéré. Ahmed A. a obtenu une carte de séjour temporaire. Grâce à un partenariat avec la Communauté des Compagnons d'Emmaüs, Ahmed A. a trouvé un refuge et reprend goût à la vie.

 

 

S. est malienne (22 ans). Elle n'a que 12 ans lorsque son oncle et sa tante la font venir en France pour travailler comme "petite bonne". Pendant six ans, S. sera réduite en esclavage le plus total, accompagné de viol et de violences d'une extrême gravité. Ses tortionnaires ont été mis en examen pour "actes de torture accompagnés de viol sur mineure" et incarcérés. Grâce à l'intervention du CCEM, S. a obtenu une régularisation temporaire et suit actuellement une formation rémunérée.

 

 

Antoinette, 29 ans, est togolaise. Pendant trois ans, Antoinette a été victime d'un compatriote qui l'a réduite en esclavage. Travaillant 15 à 18 heures par jour, 7 jours sur sept, sans rémunération aucune, Antoinette a en outre subi des viols multiples et un avortement forcé par empoisonnement. Une enquête préliminaire est en cours.

 

 

Sabrina, 33 ans, est indienne. Arrivée en France en 1996 pour travailler au service d'un "membre de l'intelligensia indienne", comme son employeur se définit, Sabrina était payée 1000 francs par mois, directement envoyés à sa famille en Inde, pour 16 heures de labeur quotidien. L'employeur est poursuivie pour flagrant délit de travail dissimulé, détention abusive de papier administratif (confiscation du passeport) et refus de soins. La 10ème section du Parquet de Paris a été saisie.

 

 

Rachida, 13 ans, est béninoise. Pendant 7 mois, cette fillette servait de petite bonne à une compatriote qui l'avait fait venir du Bénin à cet effet. Suite à une altercation violente avec sa marâtre, Rachida s'est enfuie chez une voisine qui a alerté le CCEM. Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le Parquet de Versailles. Rachida est aujourd'hui prise en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance (A.S.E).

 

 

Sarah L., 24 ans, est béninoise. Arrivée en France à l'âge de 15 ans, Sarah a été victime d'un trafic de petites bonnes africaines mineures vers la France. Son dernier employeur l'a réduite en esclavage pendant plusieurs années, l'a violée et contrainte à avorter. Une enquête préliminaire est en cours.

 

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